L'époque de la construction

Un temple avait été édifié au tout début du XVII siècle, pas très loin de l’emplacement actuel du « Progrès » ; incendié par deux fois, il ne sera pas reconstruit après 1619.

Lorsque le culte protestant est rétabli en 1862, il va être d’abord célébré dans des salles louées. Ce n’est qu’en 1892 qu’un terrain peut être acquis, et en 1895 que les travaux autres que de démolition peuvent commencer, au rythme des rentrées d’argent. La construction est confiée à l’architecte local Tony Ferret. Elle s’achève probablement en décembre 1897, puisque les contrats d’assurance contre l’incendie sont conclus le 6 janvier 1898 ; mais, les archives manquent ; tout au plus savons-nous qu’en mai 1897, les murs arrivaient à la base des fenêtres …

Il va falloir ensuite obtenir l’autorisation de s’en servir, puisque nous sommes à l’époque sous le régime du Concordat, et donc dans le cadre de l’autorisation préalable ; celle-ci est donnée en juin 1898 ; enfin, le règlement de l’utilisation des cloches est obtenu par un échange de courrier entre le préfet et le président du Consistoire de Lyon, en septembre-octobre 1898.

Il était temps puisque le culte d’inauguration officielle était prévu pour le jour anniversaire de la Réformation, c’est à dire le 30 octobre 1898.

La façade du temple

Elle est d’abord à l’image du temps qui n’hésite pas à juxtaposer les références à des époques variées : arc en plein cintre, fronton triangulaire…

Le clocher, aigu, adopte la forme des reconstructions religieuses triomphalistes du XIX siècle, après les destructions révolutionnaires ; il représente cependant une rareté pour un temple protestant français. On découvre à sa base l’emplacement prévu pour une horloge, jamais utilisé.

La façade est surtout un programme d’évangélisation, dans le contexte du temps.

Le fronton ;

A une époque où l’Eglise catholique proclamait les dogmes mariaux et limitait la lecture de la Bible, sa partie sculptée permet d’affirmer l’originalité protestante ;

-          Seule la Bible ouverte est l’accès à la parole de Dieu.

-          La seule prédication possible est celle du Christ Crucifié.

Ce fronton a été jusque dans les années 1970 surmonté d’une croix de Malte (forme qui a servi de base à la croix « huguenote », spécifique de la communauté protestante française. Elle a malheureusement disparu lors de travaux de réfection.

Les quatre chouettes d’angle du soubassement du clocher :

Nous ne pouvons que faire des suppositions sur les raisons de leur présence ici, tant que nous n’aurons pas trouvé la lettre de commande à l’architecte Tony Ferret. Les allusions bibliques sont très minces ; L’idée du veilleur dans la nuit serait la plus vraisemblable, compte tenu des souvenirs du temps de la Révocation de l’édit de Nantes, en particulier de ses assemblées clandestines « au désert ».

L'intérieur du temple

On est d’abord frappé par l’importance des boiseries : bas de murs, chaire, portes latérales, bancs monumentaux, plancher, charpente apparente et soignée.

Les vitraux, par contre, ne sont que des « grisailles » un peu tristes en hiver.

Jusqu’en 1969, on pouvait lire, comme dans beaucoup de temples protestants, des versets bibliques sur les murs, au-dessus de la chaire et au-dessus de la porte de sortie. La situation actuelle est beaucoup plus dépouillée, avec sa grande croix nue dominant la chaire.

L’utilisation de l’espace intérieur a aussi évolué, bien que les bancs limitent les possibilités.

Ceux-ci ont de la difficulté à entourer un espace central, occupé depuis l’origine par la table de communion, et par deux lutrins beaucoup plus récents : l’un pour le prédicateur, l’autre, parfois placé dans la chaire, permet de présenter une bible ouverte.

Un espace représentatif de la spiritualité protestante

L’organisation de l’espace indique les articulations essentielles de la spiritualité. De haut en bas, la croix, la prédication, l’écriture sainte, la sainte cène. C’est au pied de la croix que se trouve le prédicateur dont la tache est d’expliquer et de commenter la Bible, puis d’administrer les Sacrements. Il n’y a pas d’autel ni de tabernacle, mais une table mobile, comme pour un repas.

«  Au pied d’une croix nue  » tel est le résumé de cette spiritualité. Cette croix nue, vide du supplicié, c’est celle qui proclame la résurrection Du Christ. Non pas en tant qu’évènement historique, mais comme une confession de foi. Cela signifie qu’il y a plus fort que la mort, et que tout est grâce. D’autres énoncés possibles qui résument cette spiritualité selon laquelle il n’y a ni mérite du bonheur ni fatalité du malheur.

Ainsi, Dieu ne parle-t-il qu’au présent et par la bouche des vivants. Ainsi, la parole qui s’entend et qui doit être toujours actuelle est ce qui importe. Plus encore que les éléments fixes de la célébration que sont les hymnes et surtout la sainte cène (eucharistie), la prédication en est l’essentiel. Elle appelle à une foi tout à la fois émerveillée, intelligente d’elle-même, et engagée.

Une parole sans actes est une parole en l’air. Aussi, la spiritualité protestante conduit-elle à la mise au service des autres des dons reçus par chacun. Le Christ ne peut être « fils de Dieu » s’il n’est pas serviteur. Croire en lui, être chrétien, c’est croire activement en l’être humain, c’est travailler avec lui et pour lui.

L'Eglise Protestante Unie de France
Une église pour les autres

Depuis 2013  cette église rassemble luthériens et réformés de France. Il ne s’agit pas d’une fusion visant à l’uniformité : les traditions luthériennes et réformées resteront vivantes. Notreéglise participe au mouvement œcuménique depuis ses origines (1910), et actuellement aux dialogues avec les autres religions.

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